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Village Capital : les tickets de 100 000 $ se raréfient

Le nombre de startups africaines levant entre 100 000 et 1 million de dollars a chuté de près de moitié en six mois. Pour Husein Merchant, qui dirige les opérations régionales de Village Capital, le manque de sorties probantes dissuade les investisseurs de s'engager.

Via TechCabal4 min de lectureMis à jour il y a 7 minutes

Un ralentissement lié à l'absence de sorties

Le volume de startups africaines ayant bouclé un financement compris entre 100 000 et 1 million de dollars s'est contracté de près de 50 % au cours des six derniers mois. Husein Merchant, responsable des opérations régionales de Village Capital, y voit une cause simple : les sorties n'ont pas été assez nombreuses pour prouver aux investisseurs que ces tickets fonctionnent.

Faute de données empiriques montrant que le cycle précédent a été rentable, les bailleurs de fonds temporisent et attendent des tendances historiques plus lisibles avant d'engager de nouveaux capitaux.

Un dispositif pilote de 4 millions de dollars

« Les métriques diffèrent ensuite selon l'orientation du capital : recherche de rendement, création de marché ou tolérance au risque plus élevée, avec dans ce dernier cas des solutions plus innovantes et moins éprouvées. »

Extrait de l’article

Village Capital, organisation à but non lucratif qui soutient des startups à fort impact dans les marchés émergents, dispose d'un historique en Afrique. Elle a notamment soutenu PiggyVest en 2017 et a investi dans Trade Lenda et AirSmat ce mois-ci.

L'entité ne gère pas de fonds propre, précise Husein Merchant. Elle pilote des véhicules pour le compte de partenaires. Le plus récent, l'Africa Ecosystem Catalysts Facility, est un pilote de 4 millions de dollars. Depuis ses premiers investissements en mai 2026, il a engagé environ 1,3 million de dollars dans sept entreprises, dont cinq au Ghana et deux au Nigeria.

Les fonds sont versés par tranches conditionnées à l'atteinte de jalons, et non en une seule fois. Selon Husein Merchant, cette architecture protège les jeunes pousses de pressions de remboursement ou de sortie prématurées, avant que leurs performances opérationnelles ne puissent les soutenir.

Le « capital sur mesure » comme principe directeur

Le raisonnement sous-jacent correspond à ce que Village Capital nomme le capital adapté à l'usage. Tous les modèles économiques, toutes les régions et tous les fondateurs ne tirent pas le meilleur parti du même instrument.

Husein Merchant défend l'idée que le capital doit s'ajuster au modèle d'affaires, à l'usage prévu des fonds, à la réglementation locale et aux objectifs de long terme du fondateur. Cela suppose de dépasser le menu standard — equity, dette, SAFE notes — avant de concevoir la structure.

Cinq intermédiaires locaux sous contrat

Le mécanisme de sélection constitue l'élément le plus singulier du modèle. Via un appel à propositions compétitif, Village Capital a contractualisé cinq Entrepreneur Support Organisations locales : deux au Nigeria, deux en Tanzanie et une au Ghana. Ces structures sont rémunérées pour gérer le sourcing, les candidatures, la présélection et la due diligence.

L'objectif affiché : éviter des décisions déconnectées du terrain en ancrant la sélection dans l'intelligence de marché locale. « Ce que nous voulions éviter, c'était que des investisseurs prennent des décisions sans présence sur le terrain », explique Husein Merchant.

Des contrats à périmètre défini

Les partenaires sont rémunérés pour des tâches précises : pilotage du processus de candidature, sourcing et présélection, participation à un niveau de diligence sur les entreprises. Village Capital a contracté avec chacun d'eux, avec un périmètre de travail et des jalons définis.

La décision d'investissement finale reste toutefois du ressort de Village Capital. Les investissements figurent à son bilan. L'apport des partenaires vise à constituer plus rapidement une liste d'entreprises pertinentes.

Husein Merchant illustre le gain de temps : au Nigeria, une candidature ouverte aurait attiré plus de 500 entreprises, un volume difficile à traiter avec un capital limité. Les intermédiaires ont ramené une liste d'environ 30 à 40 sociétés, réduisant le travail de filtrage. Ils ont aussi signalé des fondateurs que Village Capital aurait pu négliger.

Ce qui distingue un dossier retenu

La sélection dépend d'abord du contexte du véhicule, rappelle Husein Merchant : les thèmes et objectifs du partenaire commanditaire priment, et une entreprise retenue pour un dispositif peut ne pas l'être pour un autre.

Un dossier convaincant repose sur la capacité du fondateur à démontrer qu'il maîtrise profondément le problème et qu'il est en mesure de le résoudre de façon rentable. L'impact constitue un second filtre, appliqué très tôt, avec des critères qui varient d'un véhicule à l'autre.

Les métriques diffèrent ensuite selon l'orientation du capital : recherche de rendement, création de marché ou tolérance au risque plus élevée, avec dans ce dernier cas des solutions plus innovantes et moins éprouvées.

La thèse des entreprises « ennuyeuses »

Husein Merchant défend une thèse qui s'écarte des tendances dominantes du capital-risque. Selon lui, la principale opportunité africaine réside dans des activités peu spectaculaires, centrées sur le flux de trésorerie et répondant à des besoins quotidiens fondamentaux, que les investisseurs négligent souvent au profit de récits technologiques plus visibles.

Il estime par ailleurs que le continent consommera d'abord l'intelligence artificielle avant de la produire.

TE

Source

Publié initialement par TechCabal, écrit par Muktar Oladunmade le .

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