UNGA 81 : les présidents des trois premières économies africaines absents
L'Afrique du Sud, l'Égypte et le Nigeria participent à la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, mais aucun de leurs présidents n'y est présent. Des ministres et hauts responsables conduisent les délégations respectives.
Trois délégations sans leurs chefs d'État
L'Afrique du Sud, l'Égypte et le Nigeria, les trois économies les plus importantes du continent en termes de PIB nominal, sont représentés à la 81e Assemblée générale des Nations unies (UNGA) qui se tient cette semaine à New York. Aucun de leurs présidents ne fait toutefois le déplacement pour ce rendez-vous diplomatique de haut niveau.
Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), ces trois pays devraient afficher en 2026 des PIB d'environ 480 milliards de dollars, 430 milliards de dollars et 377 milliards de dollars, ce qui les place en tête du classement économique africain.
Leur absence intervient alors que près de 130 chefs d'État et de gouvernement sont attendus à New York. Le débat général s'ouvre le 22 septembre autour du thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies qui produit des résultats pour tous ».
« L'Afrique du Sud, l'Égypte et le Nigeria, les trois économies les plus importantes du continent en termes de PIB nominal, sont représentés à la 81e Assemblée générale des Nations unies (UNGA) qui se tient cette semaine à New York. »
Des agendas centrés sur les enjeux africains
Les travaux de cette 81e session portent sur des dossiers à incidence directe pour l'Afrique : réforme de l'ONU, financement mondial, paix, sécurité, climat et développement. Les pays africains continuent de réclamer une représentation accrue dans les instances décisionnelles internationales, notamment des sièges permanents au Conseil de sécurité.
La question sécuritaire occupe une place particulière. Le Nigeria a enregistré 171 attaques terroristes et 750 morts liées au terrorisme en 2025, son bilan le plus lourd depuis 2020, d'après le Global Terrorism Index. L'UNGA constitue donc une tribune importante pour Abuja afin de présenter sa stratégie antiterroriste, sa coopération internationale et le rôle qu'elle souhaite voir jouer à l'ONU face à l'insécurité sur son territoire. En l'absence du président Bola Tinubu, ce plaidoyer ne sera pas porté personnellement par le chef de l'État.
L'agenda aborde également des sujets structurants pour le développement du continent : action climatique, élévation du niveau de la mer, préparation aux pandémies, Objectifs de développement durable et droit au développement.
Ramaphosa, el-Sisi et Tinubu restés à distance
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa ne participe pas en personne, ayant été dispensé d'engagements publics sur avis médical. La présidence sud-africaine a annoncé le 16 septembre que son équipe médicale lui avait recommandé du repos, précisant que des ministres le représenteraient lorsque cela est possible. Le ministre des Affaires étrangères Ronald Lamola conduit la délégation sud-africaine à New York. Pretoria indique que ses priorités incluent la réforme de l'ONU, un multilatéralisme renforcé et une représentation africaine permanente au Conseil de sécurité. Pour l'Afrique du Sud, l'UNGA est aussi l'occasion de défendre sa position sur les conflits et le droit international. Ronald Lamola a soutenu que la crédibilité du système international dépend de l'application égale des règles, indépendamment de la puissance des pays concernés.
Le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi est également absent. Le Premier ministre Mostafa Madbouly s'est rendu à New York le 21 septembre pour diriger la délégation égyptienne sous la conduite du président. Le Service d'information de l'État égyptien a indiqué que Mostafa Madbouly prononcera des discours et des déclarations lors de divers événements de l'UNGA et tiendra des réunions de haut niveau avec des organisations internationales, ainsi qu'avec des dirigeants et représentants d'entreprises mondiales. Son programme garantit à l'Égypte une représentation de haut rang dans les discussions touchant à la diplomatie internationale, au développement et à l'investissement.
Le président nigérian Bola Tinubu est le troisième dirigeant de ces grandes économies à ne pas se rendre au rassemblement. Selon la présidence nigériane, il se trouve actuellement en France pour des vacances privées. Le vice-président Kashim Shettima dirige la délégation nigériane et doit prononcer la déclaration nationale du pays. Des responsables nigérians ont précisé que Bola Tinubu est en congé annuel et a chargé Kashim Shettima de le représenter. Ce dernier doit aussi tenir des réunions bilatérales et prendre part à d'autres engagements de haut niveau.
Une participation maintenue, une diplomatie présidentielle en moins
Les trois pays ne boycottent donc pas l'UNGA 81 et ne réduisent pas leur participation. Leurs gouvernements ont envoyé des responsables de haut rang mandatés pour parler et négocier en leur nom.
L'absence des présidents prive toutefois Cyril Ramaphosa, Abdel Fattah el-Sisi et Bola Tinubu de l'occasion d'utiliser personnellement la tribune de l'UNGA pour leurs déclarations nationales et pour la diplomatie intense qui se déroule en marge de l'événement. La semaine de haut niveau ne se limite pas aux discours dans l'enceinte de l'Assemblée générale : les chefs d'État et autres dirigeants y conduisent des rencontres bilatérales, des discussions d'investissement, de la diplomatie régionale et des négociations sur les conflits, le commerce, le financement du développement ou la gouvernance mondiale. Pour les trois plus grandes économies africaines, ces échanges auront bien lieu, mais leurs présidents les suivront cette année depuis leur pays plutôt que de les mener en personne à New York.
Source
Publié initialement par Business Insider Africa, écrit par Solomon Ekanem le .


