Le FPB mise sur l'IA pour surveiller les plateformes
Le Film and Publication Board sud-africain a approuvé une stratégie de numérisation et d'intelligence artificielle pour mieux surveiller les contenus diffusés en ligne. L'agence prévoit d'investir jusqu'à 120 millions de rands par an dans ces technologies.
Le Film and Publication Board (FPB), l'agence sud-africaine chargée de la classification des films, jeux vidéo et publications, veut intégrer l'intelligence artificielle générative à ses procédures de régulation. L'objectif affiché : mieux surveiller, analyser et classifier le volume croissant de contenus accessibles en ligne.
Une stratégie déjà approuvée
L'organisation a validé une stratégie de numérisation et d'intelligence artificielle, dont le déploiement s'inscrit dans son plan stratégique quinquennal. « La stratégie fournit un cadre pour l'adoption et l'usage responsables des technologies d'IA afin d'améliorer l'efficacité organisationnelle, de renforcer la prestation de services et de soutenir l'exécution du mandat du FPB », explique l'avocate Makhosazana Lindhorst, directrice générale par intérim de l'agence.
Cette mise en œuvre figure parmi les priorités des plans de performance annuels, en cohérence avec le plan stratégique 2025-2030, et son avancement fait l'objet d'un suivi trimestriel. Le FPB a identifié l'IA générative — pour la surveillance des contenus, leur analyse, leur classification et la gestion des dossiers — comme l'un des investissements technologiques à explorer dans les trois à cinq prochaines années.
« « Dans le cadre de cette adhésion, le FPB utilise la plateforme ICCAM, qui permet aux lignes d'assistance membres d'échanger des informations, de classifier et de coordonner le retrait des contenus pédocriminels de l'internet », indique Mme Lindhorst. »
Des outils déjà opérationnels
L'agence s'appuie déjà sur la technologie pour compléter la surveillance humaine. Des outils parcourent les réseaux sociaux et le reste de l'internet afin de repérer en temps réel les mentions de mots-clés liés à des contenus nuisibles ou interdits. « Le système génère des alertes qui permettent au FPB d'enquêter sur des cas potentiels de diffusion illégale de contenus explicites ou nuisibles en ligne, et de recueillir des informations complémentaires », précise Mme Lindhorst. Cette approche confère à l'organisation une capacité de veille proactive, au lieu de dépendre uniquement des signalements du public.
Une équipe dédiée de surveillants en ligne effectue un suivi quotidien de l'environnement numérique. Elle réalise également des contrôles ponctuels sur les plateformes de streaming enregistrées accessibles au public sud-africain, en vérifiant la présence des classifications d'âge et des avertissements aux consommateurs exigés. Des rapports de classification sont demandés aux plateformes et à leurs distributeurs après échantillonnage de titres, puis soumis à un contrôle qualité pour vérifier l'application correcte et cohérente des règles du FPB.
Un budget et des sanctions
Le budget nécessaire aux ressources technologiques pour appliquer la stratégie numérique liée à la loi de 2019 sur les films et publications pourrait atteindre jusqu'à 120 millions de rands par an. Cette loi vise à protéger les citoyens sud-africains contre les contenus de films, de jeux et de plateformes en ligne susceptibles de leur causer un préjudice moral, émotionnel ou psychologique.
Ce mois-ci, le comité d'application du FPB a infligé 16,175 millions de rands d'amendes à 21 fournisseurs commerciaux de services de contenus, à l'issue d'inspections de conformité menées en présentiel et en ligne. Seize de ces distributeurs sont établis en Afrique du Sud, les autres à l'étranger. Les infractions relevées portent notamment sur la distribution non enregistrée, des films pour adultes non classifiés, l'absence d'affichage des restrictions d'âge et des avertissements aux consommateurs, ainsi que l'exploitation de locaux pour adultes sans licence.
Coopération internationale
La stratégie technologique du FPB dépasse les frontières sud-africaines grâce à son adhésion à INHOPE, le réseau international de lignes d'assistance luttant contre les contenus pédocriminels en ligne. Via ce réseau, l'agence utilise la plateforme ICCAM pour échanger des informations, classifier les contenus suspects et coordonner les actions avec les autres membres.
« Dans le cadre de cette adhésion, le FPB utilise la plateforme ICCAM, qui permet aux lignes d'assistance membres d'échanger des informations, de classifier et de coordonner le retrait des contenus pédocriminels de l'internet », indique Mme Lindhorst. L'agence identifie également le pays d'origine des sites hébergeant ces contenus présumés. Lorsque l'hébergement se trouve en Afrique du Sud, le dossier est transmis aux autorités répressives compétentes ; s'il est situé à l'étranger, l'information peut être transmise à la ligne d'assistance internationale appropriée via les procédures d'INHOPE.
Au cours de l'exercice 2024/25, l'organisation a signalé 12 arrestations liées à la diffusion de contenus pédocriminels et d'autres matériels nuisibles, à la suite d'enquêtes menées avec les forces de l'ordre. Le FPB indiquait alors avoir analysé 218 582 images et vidéos en ligne, dont 18 945 confirmées comme nuisibles.
Pour les trois prochaines années, Mme Lindhorst résume ainsi les priorités : « Nos priorités incluent l'augmentation des recettes autogénérées, l'accélération du déploiement des technologies de numérisation et d'IA pour améliorer l'efficacité réglementaire, et le renforcement du suivi de la conformité et de l'application. »

